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Monsieur le Premier Ministre,

Auto-entrepreneur depuis le 19 mai 2010, je fais partie des 900 000 créateurs qui ont décidé de se lancer dans cette aventure de l’entrepreneuriat et qui contribuent aux finances publiques de l’Etat à hauteur de 300 à 500 millions d’euros annuels. Je vous écris pour vous dire combien il est primordial que je conserver ce statut qui me permet aujourd’hui de :

  • me sentir bien dans une démarche entrepreneuriale qui me correspond actuellement ;
  • être intègre en déclarant les revenus de mes activités ;
  • gagner ma vie en toute autonomie et répondre par moi-même à mes besoins ;
  • innover en développant les activités que je souhaite, à la vitesse qui est la mienne ;
  • apprendre à être mon propre patron, mon « auto-employeur » ;
  • amener de la flexibilité, de la réactivité, de la souplesse pour répondre aux besoins émergeants auxquelles des entreprises dites traditionnelles ne répondent pas ;
  • travailler au rythme qui me convient, en conjuguant notamment vie professionnelle et vie personnelle ;
  • vivre d’activités qui me passionnent et que j’aime.

Ce statut m’a permis de créer mon propre emploi et de planter ainsi une graine d’entrepreneur. Il me correspond encore aujourd’hui. Mon activité n’est pas suffisamment stable et mon chiffre d’affaire encore trop aléatoire pour faire face aux charges sociales forfaitaires que le passage à une entreprise traditionnelle entraînerait. Il est fondamental que je puisse rester libre de faire pousser cette graine au rythme de mes possibilités, de mes besoins et de mes envies. Pendant toute cette période, quoi qu’il en soit, je ne coûterai rien à la collectivité. Bien au contraire. Alors où est le mal ?

S’il vous plaît, ne réduisez pas la durée de ce statut. Laissez-moi continuer à créer et travailler autrement, à exercer une activité que je sais construire pour durer. Mon entreprise n’a certes pas vocation à créer des emplois salariés. Mais elle n’en aurait pas plus si demain, je passais sous le régime d’une « entreprise traditionnelle ». Bien sur, ce statut, comme d’autres, peut être amélioré. Mais le limiter dans le temps revient à tuer une forme d’entreprenariat différente qui a toute sa place dans notre société.

Le rapport que vous avez commandé auprès de l’IGS et de l’IGAS réfute la plupart des arguments invoqués à l’encontre du régime, notamment celui de concurrence déloyale. Pourquoi n’en est-il pas tenu compte aujourd’hui ? Il propose de nombreuses pistes pour améliorer le régime de l’auto-entrepreneur et au delà, le système entrepreneurial français. Pourquoi persister à stigmatiser le petit dernier arrivé qui ne rentre pas dans les cases, sans chercher à comprendre et peut-être dupliquer les recettes qui font son succès et qui font qu’aujourd’hui, il représente plus de la moitié des entreprises créées en France ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.

(si vous souhaitez reprendre ce courrier en tout ou partie pour prendre vous aussi la parole, n'hésitez pas)

Laissez moi continuer à entreprendre autrement