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Voici une petite histoire de William Oncken, que j'ai entendu lors d'une formation en management

 

**********

Imaginons qu'un manager marche dans le couloir de son service et rencontre l'un de ses collaborateurs. Dès qu'il est à la hauteur de son chef, le collaborateur le salue et lui dit : "Bonjour Monsieur, je suis heureux de vous voir. D'ailleurs j'ai un problème, voyez vous..."

 

Tandis que le collaborateur expose son problème, le manager reconnait les deux caractéristiqus qui sont communes à tous les problèmes sur lesquels ses collaborateurs attirent son attention. Il en sait assez pour se sentir concerné, mais pas assez pour les résoudre sur le champ.

 

Le manager écoute son collaborateur et finit par lui dire "Je suis content que vous ayez attiré mon attention sur ce point. Je suis pressé pour l'instant, mais laissez moi réfléchir et je vous dirai ce que j'en pense". Puis  il prend congé de son collaborateur.

 

Analysons ce qui vient de se passer.

- Avant qu'il ne rencontre son collaborateur, sur le dos de qui se trouvait le singe? Sur le dos du collaborateur.

- Quand ils se sont séparés, sur le dos de qui était-il? Sur le dos du manager.

(...)

En acceptant le singe, le manager a de son plein gré, accepté une position de subordonné par rapport à son collaborateur. Il a accepté de devenir le subordonné en faisant deux choses qu'un subordonné fait d'habitude pour son chef :

- il a accepté une responsabiltié

- il a promis à son collaborateur de lui rendre compte du suivi

 

Maintenant, il y a de grande chance que le collaborateur, pour être sur que son chef ne l'oublie pas, passe la tête à travers la porte de son bureau et lui demande ingénument : "où en est-on"?

 

*********

Les singes, ce sont donc ces responsabilités qui sautent d'une épaule à une autre. Qu'on récupère soit parce qu'on a pas su dire non, soit parce qu'on aime bien rendre service, soit parce qu'on a déjà fait, soit parce qu'elles nous sont imposées...

 

Ce qui m'a choqué en retrouvant ce document : l'aspect unilatéral de l'approche (et les considérations sur le "subordonné" par rapport au chef, mais c'est un autre débat). La formation m'a montré, à l'époque, comment identifier et rendre les singes à mes collaborateurs... mais pas comment identifier et rattraper ceux que moi, je refilais à mes collaborateurs!

 

En effet, ça marche dans les deux sens. Il arrive aussi qu'un singe saute de l'épaule d'un manager à celle d'un de ces collaborateurs. Certains en ont même fin un "art de travailler". Dans un article très intéressant, un journaliste fait référence à Guy Pelletier qui a qualifié ces managers de  "manager Téflon"  : les problèmes, les dossiers, les responsabilités leurs glissent des mains sans s'attacher..."

 

Cela me rappelle une autre histoire, d'une personne qui  doit faire face à des tentatives répétées de "refilage de singe" de la part de son supérieur. Quand c'est le cas, elle lui répond :  "désolé, ça je ne fais pas, ça ne fait pas partie de mon poste. C'est de votre ressort". Elle le fait tout naturellement, de manière spontannée, sans se poser de question : ça rentre dans son cadre de travail défini avec l'entreprise et elle fait, ou ça ne rentre pas et elle ne fait pas.

 

Et la personne en face, repart avec son singe sur l'épaule, qu'elle choisira de nourrir ou d'aller refiler à quelqu'un d'autre...

 

Voir article Management time : Who's got the monkey

Tag(s) : #Relations Humaines
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