Apéro Autrement
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Souvent, pour mieux comprendre et visualiser le contexte dans lequel évolue une personne en entreprise, je lui demande de me dessiner l'organigramme de la structure. Où se situe son poste dans l'organisation, quel service, quelle direction? A qui est-il rattaché? Quels sont ses liens avec les autres postes de l'organisation?
Je le demande aussi parce que l'organigramme constitue un extraordinaire révélateur. En effet, si le poste est clairement défini, les rattachements hiérarchiques explicites, et l'organisation bien structurée, alors bâtir l'organigramme est simple et fluide. Dans le cas contraire, si un lien et/ou une fonction est bancal et mal défini quelque part, écrire l'organigramme devient laborieux voir impossible. Et cela se vérifie à chaque fois.
En remontant encore un peu plus loin pour comprendre comment une telle situation se créée, il apparait très souvent qu'une étape primordiale a été "zappée" : celle de la fiche de poste ou fiche de fonction. Ce document décrit notamment le contenu du poste à savoir :
- l'ensemble des missions et des tâches que la personne devra accomplir;
- pour qui elle devra les accomplir;
- le ou les rattachements hiérarchiques.
Il s'agit donc d' un véritable cadre, qui permet à chacun de savoir qui fait quoi, comment, pour qui; qu'il est important de revoir régulièrement pour s'assurer qu'il correspond toujours à la réalité du poste et aux besoins du service et le faire évoluer si besoin. Important pour celui qui occupe le poste, mais aussi pour celles et ceux qui travaillent avec lui.
En cas de création de poste, élaborer cette fiche par écrit (je précise parce que ce n'est qu'en écrivant qu'on se rend compte si cela fonctionne vraiment) permet, en amont du recrutement, de bien définir en quoi le poste est nécessaire et comment il va s'intégrer dans la structure. Ensuite, il est alors possible d'intégrer le poste dans l'organigramme.
Si tout est bien posé, sans volonté (consciente ou inconsciente) de rester dans le flou, de ménager les susceptibilités, de bidouiller...alors le poste s'intègre sans difficulté dans l'organisation. Sinon, c'est une autre histoire.
En une semaine, j'ai eu trois appels de personnes qui avaient démissionné ou abandonné leurs postes. Un coup de tête? Oui. Mais derrière cela, j'ai surtout senti que tous vivaient, pour des raisons différentes, une situation professionnelle devenue tellement insupportable qu'ils n'avaient plus la force de continuer. Et que faute d'avoir pu en discuter, ils avaient choisi les seules solutions qui leur apparaissaient possibles pour mettre fin à cette relation de travail.
Aujourd'hui,ces personnes se retrouvent dans des situations difficilement gérables et très anxiogènes.
1°) soit elles sont en attente d'un licenciement de l'employeur suite à l'abandon de poste.
L'abandon de poste se définit comme une situation où le salarié a, de sa propre initiative et sans autorisation, cesser d'exercer ses fonctions, ou bien qu'il refuse de rejoinre une nouvelle affectation. Les raisons qui motivent cette décision du salarié peuvent être diverses et variées, mais il n'en reste pas moins que ceci constitue une faute.
L'employeur ne peut considérer une personne en abandon de poste comme étant démissionnaire, puisque le démission ne se présume pas (elle doit résulter d'une volonté claire et non équivoque). Il devrait donc, après un ou deux courriers demandant au salarié de justifier son absence restés sans réponse, procéder à son licenciement pour faute grave. Mais outre le fait que toute cette procédure demande un minimum de temps (entre l'envoi des courriers, l'attente de réponses éventuelles, les délais légaux du licenciement) pendant lequel le salarié n'est, bien sur, pas rémunéré; certains employeurs rechignent à licencier.
Plusieurs raisons à cela :
- un licenciement n'est pas un acte anodin et il peut s'avérer lourd de conséquence pour une entreprise;
- mis devant le fait accompli, l'employeur peut avoir le sentiment d'être pris en otage par un salarié qui n'a pas voulu assumer de démissionner. J'ai vécu cette situation en tant que RH, devoir licencier une personne en abandon de poste qui avait trouver un autre emploi; et qui avait choisi cette solution pour assurer ses arrières au cas où la période d'essai ne serait pas concluante avec sa nouvelle entreprise.
Au final, si l'employeur fait trainer le licenciement ou refuse de licencier, le salarié se retrouve alors dans une situation inextricable. Il est toujours salarié mais ne touche plus aucune rémunération du fait de ses absences. Il ne peut pas travailler ailleurs et ne peut s'inscrire à Pôle Emploi.
2°) soit elles se retrouvent sans emploi et sans ressource suite à leur démission.
La démission, sauf dans des cas considérés comme légitimes, n'ouvre pas droit aux indemnisations de Pôle Emploi, au moins pendant les 121 premiers jours. Ensuite, la personne peut demander l'examen de son dossier en commission mais le résultat n'est pas garanti.
A cela, s'ajoute le fait que les trois personnes que j'ai eu se sentent dans l'incapacité de retrouver un emploi immédiatement. Et c'est malheureusement on ne peut plus normal au regard de leur situation : digérer une situation professionnelle difficile et gérer un départ sont de gros morceaux qui ne laissent pas de place et d'énergie à la recherche d'une nouvelle activité.
Alors avant de démissionner ou d'abandonner votre poste parce que votre situation professionnelle est devenue invivable, parler en et demander conseil. Il existe toujours plus solutions qu'on ne le pense; mais il est difficile voir parfois impossible de les identifier tout seul.
En interne, dans l'entreprise, n'hésitez pas à faire part de vos difficultés au service RH. Je le précise car dans de nombreux dossiers, je me suis rendue compte que les personnes ne l'avaient jamais sollicité. Or, ce service n'est pas forcément au courant de tout et il ne sait pas toujours ce qui se passe sur le terrain, loin de là!
Si aucun dialogue n'est possible ou si vous ne vous sentez pas d'en parler en interne pour le moment, prenez rdv auprès d'un médecin, de l'inspecteur du travail ou d'un accompagnant.
Ce n'est pas forcément très connu, mais toutes les personnes qui exercent une activité non-salariée disposent d'un droit à la formation. Chacune cotise en effet à la formation professionnelle, lesquelles cotisations sont versées à un organisme collecteur spécifique déterminé en fonction de la nature de l'activité exercée.
Si je prends mon cas, je suis enregistrée en tant que profession libérale affiliée à la CIPAV - en conseil en affaires et gestion (code NAF 7022Z). Mes cotisations de formation sont versées à la FIF-PL. C'est donc auprès de cet organisme que je dois me renseigner pour connaitre :
- le type de formations qu'il accepte de prendre en charge;
- les formations qu'il considère comme prioritaire (et dont le financement sera favorisé)
- le montant annuel maximum du financement possible et les conditions;
- les modalités à remplir (dossier de prise en charge)
Pour voir à quoi ça ressemble, suivez ce lien qui renvoie sur la page dédiée à mon code NAF.
Voici la liste des différents organismes collecteurs (cliquez sur leur nom pour arriver sur le site), fonction des secteurs d'activité. Attention, le paysage des organismes collecteurs a beaucoup changé ces dernières années. Certains, comme le FAF MS, ont disparu par suite de regroupements divers et variés, mais on continue à trouver leurs coordonnées partout sur internet...
- AGEFICE, pour les dirigeants non salariés des secteurs du commerce, de l'industrie et des services (les personnes enregistrée en entretien corporel, code NAF 9604Z, dépendent de l'AGEFICE);
- FAFCEA, pour les chefs d'entreprises inscrits à la chambre des métiers (artisans, bâtiment...)
- FAF-PM, pour les médecins libéraux
- VIVEA, pour les exploitants et entreprises agricoles, de travaux forestiers ou du paysage
- FAF-PCM, pour les professionnels de la mer
- FIF-PL, professions libérales
- AFDAS, pour les professionnels de la communication, de la culture, des loisirs (auteurs...)
Si vous ne retrouvez pas votre activité dans l'un de ces organismes, appelez la Chambre de Commerce et d'Industrie munit de votre code NAF (aussi appelé code APE) et de votre numéro SIRET. Elle devrait pouvoir vous orienter. Si vous avez déjà repéré une formation qui vous intéresse, vous pouvez aussi interroger l'organisme de formation qui délivre la formation.
"Tous les enfants, indépendamment de leur sexe, possèdent de nombreux talents. Tous les humains ont en eux, à la naissance, des dons qui pourraient leur permettre d'accomplir de merveilleuses choses, mais rares sont ceux qui vivent suffisamment longtemps pour les exploiter tous. Nous avons des dispositions pour le chant, la danse ou la peinture, nous pouvons devenir guérisseurs, clowns, conteurs, nous sommes doués pour commander, enseigner...
Nous pouvons ne pas croire en notre aptitude, elle peut ne pas nous intéresser, mais elle n'en existe pas moins.
Cela signifie simplement que nous n'acceptons pas, ne respectons pas, cette part de nous même".
Extrait de Message en rovenance de l'éternité - Marlo Morgan
Réjouissant cet extrait, non? Oui, nous avons de multiples ressources, bien plus étendues que celles que nous développons dans nos études puis dans nos activités professionnelles. Parfois, nous nous autorisons à en utiliser certaines dans notre sphère "privée", extra-professionnelle comme on dit. Mais là encore, nous sommes loin de voir et d'utiliser tous nos potentiels.
Alors en cette journée du 1er mai, je suis ravie de poster cet extrait et de célébrer le travail "autrement" : celui qui me permet d'utiliser comme je le souhaite, sans barrière, mes ressources naturelles et celles développées tout au long de ma vie par l'apprentissage et les expériences. Pas le tripalium, origine latine du mot "travail" qui désigne un instrument de torture (sic!).
Et vous?
Je me pose souvent la question : qu'est-ce que j'apporte avec mon accompagnement? Ce n'est pas toujours évident, quand on fait les choses naturellement depuis des années, de le voir. Et qu'on a aussi une forte tendance à penser que tout le monde fait pareil...Et puis si je les vois bien chez les autres ce qu'ils apportent, chez moi c'est moins évident! Alors la vie me met en ce moment face à des situations pour que je le vois et le comprenne bien.
Récemment, je suis allée consulter un juriste dans une maison de la justice et du droit, pour des conseils sur un litige au pénal doublé d'un litige commercial. Une occasion aussi d'expérimenter les moyens mis à disposition par la Ville de Paris pour voir ce qui se fait (tant qu'on a pas essayé, on ne sait pas (-;).
J'ai exposé les faits en reprenant soigneusement les éléments de la plainte qui relatait clairement la situation (violences légères). Lors de la déclaration au Commissariat, j'avais vraiment porté une vigilance particulière pour ne rien oublier tout en ne déformant pas la réalité; consciente des lourdes conséquences que cela pourraient entrainer pour moi mais aussi pour l'auteur des violences. Il est assez facile, sous le coup de la colère et du choc, d'amplifier les évènements.
Après avoir écouté, cette personne me dit : "Vous auriez pu dire qu'il a tenté de vous violer". J'ai aussitôt répliqué "Mais non!!!! Ce n'est pas ce qui s'est passé du tout". Sans se démonter, il m'a répondu "Ce n'est pas grave. Vous auriez quand même pu dire ça...". Puis il m'a encore conseillé, à deux ou trois reprises, de grossir voir d'inventer des faits et d'utiliser des arguments tirés par les cheveux. Quand je répliquais "mais cet argument ne tient pas, vu ce qui est écrit sur le devis qui vaut contrat", il me répondait "c'est pas grave. Ecrivez ça, écrivez!".
A ma sortie, j'étais effarée. Effarée qu'un professionnel, qui plus est habilité par un organisme public au service des citoyens, puisse me dispenser de tels conseils. Avec un aplomb et une autorité qui fait que dans la panique et/ou la peur, il est facile de les suivre...pour risquer de se retrouver ensuite dans une situation encore plus compliquée à gérer.
Alors j'ai compris pourquoi :
- j'apporte une attention particulière à la compréhension globale d'une situation (si je ne comprends pas tout, si la personne n'est pas à l'aise ou claire sur toute ou partie, c'est qu'il y a un os quelque part) et à la rédaction;
- je demande toujours à mes clients si ils sont à l'aise, non seulement avec les faits tels qu'ils sont relatés, mais aussi avec les arguments invoqués;
qu'ils m'indiquent si quelque chose les gène ou leur pose souci.
C'est primordial pour se sentir intègre, bien et droit dans ses bottes. Et pour ensuite aller défendre son dossier ou présenter sa demande de manière sereine, sans craindre d'être mis en porte à faux ou de bloquer sur une question "piège" (qui ne sont pièges que parce que nous ne sommes pas au clair avec la réponse ou la demande et la manière de répondre ou de demander). Savoir que j'ai dit la vérité et que mon argumentation reposera sur des éléments concrets et solides, me permet d'affronter la situation avec moi de peurs. Car quelque soit l'issue, je pourrais regarder toute personne dans les yeux et me regarder dans une glace.
Tél : 06.60.87.33.23
nathaliechaillou@yahoo.fr
n° SIRET 523 166 106 00014
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